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Hariri : Le Liban ne sera jamais gouverné par Damas ou Téhéran
 
 
 
 
 
 
15-02-2016
 
Le Premier ministre, Saad Hariri, a participé, ce dimanche, à la onzième commémoration de l'assassinat de l'ancien Premier ministre, Rafic Hariri, au Biel, en présence d'un grand nombre de responsables, de personnalités politiques et religieuses, et de représentants des partis et figures politiques.
Voici le texte intégral de la déclaration de M. Hariri comme publiée par son bureau de presse :


"Au plus fort du blocus politique et des campagnes de discrédit organisées par l'ère de la tutelle contre le Premier ministre martyr Rafic Hariri, il a dit aux Libanais: La vérité prévaudra, nul n'est plus grand que son pays.


Vous connaissez très bien ces mots, parce qu'ils sont gravés dans la mémoire de tous et se répercutent chaque fois que quelqu'un élève la voix contre le Liban.


L'ère de la tutelle syrienne n'a pas été en mesure de fabriquer des leaders plus grands que le Liban. L'ère de l'intimidation iranienne ne sera pas en mesure de créer des leaders plus grands que le Liban. Aucune forme de terrorisme ne sera en mesure de vaincre l'unité du Liban. Aucun assassinat ne brisera nos rêves de voir le Liban se relever. Certains n'aiment pas cette phrase, parce que le Premier ministre martyr l'avait dite. Quant à nous, nous nous réunissons chaque année, le 14 Février, pour déclarer bien fort: Nous allons marcher sur vos traces Abou Bahaa, et même si les ennemis détestent cela. Nul n'est plus grand que son pays.


Nul ne sera en mesure de ravir la République libanaise, ni en utilisant des armes pour intimider, ni par le terrorisme de l'extrémisme, ni en violant la Constitution, ni par de faux verdicts militaires, ni par n'importe quel méthode de perturbation ou de chaos.


Le Liban appartient à tous les Libanais, pas à un groupe, une secte, un parti ou un chef de file. Ceci doit être clair pour tous ceux qui lient le sort du pays à leurs propres intérêts politiques et sectaires. Quand ils font du Liban une arène pour le chaos des armes, le tri sectaire, la violation des lois, et la protection des criminels et des hors la loi, il est facile pour eux de bloquer les institutions, justifier la vacance présidentielle, invalider la déclaration de Baabda, mépriser le sang des martyrs, recruter des milliers de jeunes pour participer à la guerre syrienne et se vanter du rôle des grandes puissances.


Chers frères, soeurs et amis,


Le luxe politique est interdit lorsque le pays connaît une vacance présidentielle, lorsque les guerres gravitent autour de nous, et quand il n'y a personne dans le monde pour éteindre le feu, mais beaucoup qui se précipitent pour jeter de l'huile dessus.


Certains ont décidé de combattre dans les mauvais endroits et sous de faux slogans. Si l'Etat, et derrière lui les puissances participant à la table de dialogue, sont incapables de mettre un terme à ce déséquilibre, cette lacune nous oblige à élever le niveau d'opposition politique à l'implication du Liban dans des conflits militaires, et appeler les hommes de la raison, de la sagesse et du patriotisme dans la communauté chiite à démanteler les mines les plus dangereuses qui menacent la coexistence.


Le Liban paie tous les jours, de son progrès et de sa stabilité, le prix de l'improvisation politique, de l'intimidation militaire, du subterfuge diplomatique, de la confusion économique et sociale, de la précipitation irresponsable à mettre en danger les intérêts du Liban et attaquer les nations soeurs avec à leur tête l'Arabie Saoudite et les pays du Golfe, qui ne nous ont jamais causé aucun tort.


Quel esprit est derrière ces politiques et ce niveau de décadence dans l'approche des relations fraternelles? Sont-ils des partis qui oeuvrent pour Dieu, ou des partis qui oeuvrent pour la discorde?


Nous sommes des Arabes et le disons à haute voix. Nous ne permettrons à personne de pousser le Liban vers l'hostilité envers l'Arabie Saoudite et les frères arabes. Le Liban ne sera, en aucune circonstance, un gouvernorat iranien.


Nous sommes Arabes, et Arabes nous resterons.


Il serait préférable de se calmer. Il serait mieux si tout le monde parlait d'une manière responsable, et si certains dirigeants arrêtaient d'utiliser leurs discours pour attiser les instincts sectaires.


Il vaudrait mieux pour nous tous de nous occuper de nos problèmes politiques, sociaux et économiques, dans un esprit de coopération afin de sauver le Liban.


Pour nous, la présidence de la République du Liban est plus importante que la présidence de la République de Syrie, d'Irak ou du Yémen.


L'intérêt du pays réside dans la levée du blocus de la présidence, du gouvernement et du parlement, et non pas de participer au blocus de Madaya, Alep et des villes syriennes.


Dans ce domaine, nous avons eu l'audace de prendre l'initiative et déplacer les eaux stagnantes politiques, par un principe qui va au-delà des intérêts particuliers du Courant du Futur, à l'intérêt du Liban de mettre fin à la vacance présidentielle.


Le sort de la présidence est entre les mains des Libanais.


La présidence doit être fabriquée au Liban, par les mains des Libanais.


Nous avons le courage de prendre position et déclarons que nous ne craignons l'arrivée d'aucun partenaire dans le pays à la tête de l'Etat, tant qu'il respecte l'accord de Taëf, la Constitution et la loi, la sauvegarde de la coexistence, et donne priorité à l'intérêt national et l'intégrité du Liban sur tous les projets régionaux.


A cet égard, je voudrais parler franchement: Nous avons commencé par dire que la vacance est une catastrophe, et certains en sont encore à dire 'pas de précipitation, 21 mois de vacance peuvent tout aussi bien devenir 24 ou 36 mois', ils n'ont pas de problème.


Je demande à chacun de vous de comparer deux moments. Le moment où le mandat du président Michel Sleiman, que nous saluons, a pris fin, et le moment présent. Quelqu'un peut-il me parler d'une seule chose qui n'a pas changé, qui ne s'est pas détériorée ou aggravée ? Tout s'est dégradé à tous les niveaux: socio-économique, emploi, nourriture, santé, déchets, politique, économie, social, tourisme, ordre et paix civile.


Celui qui réfléchit honnêtement pendant un moment peut comprendre pourquoi je considère que mon premier devoir est de mettre fin à la vacance présidentielle. D'accord, nous voulons mettre un terme à la vacance. A l'époque, quatre dirigeants chrétiens se sont réunis à Bkerké au patriarcat maronite que nous respectons beaucoup, et ont convenu, sous le patronage de Bkerké, que seul l'un de ces 4 pourrait être accepté comme candidat à la présidence. Nous avons commencé à essayer de mettre fin à la vacance en nommant le Dr Samir Geagea, comme notre candidat et celui du 14 Mars. Nous avons assisté à chaque séance, 35 fois, sans aucun résultat et la vacance a continué. Pendant ce temps, au sein du 14 Mars, une idée a été émise: si le président Gemayel peut être accepté par le 8 Mars ou par une composante du 8 Mars, alors le Dr Geagea retirerait sa candidature en faveur du président Gemayel. Cela ne s'est pas fait et la vacance a continué.


Avant cela, nous avons entamé un dialogue avec le général Aoun qui a conduit à la formation d'un nouveau gouvernement, mais nous ne sommes pas parvenus à un accord quant à présidentielle. Nous n'avions pas proposé la candidature du général Aoun, contrairement à ce que certains disent aujourd'hui, nous ne lui avions même pas promis de soutenir sa candidature, et la vacance a continué.


Parmi les quatre candidats, le ministre Frangié était le seul qui restait.


Oui, après un an et demi de vacance, et après que tous les partis, alliés et ennemis, aient refusé un candidat consensuel hors du cadre des quatre qui s'étaient entendus à Bkerké, nous avons entamé un dialogue avec le ministre Frangié. Après quoi? Après que toutes les portes se soient fermées!


J'ai rencontré le ministre Frangié à Paris, et nous sommes arrivés à une entente. Vous avez entendu les détails de cette entente, lors de son interview télévisée.


Le ministre Frangié a dit précisément ce qui a été discuté en ma résidence : L'objectif est de mettre fin à la vacance, et mettre un terme à la détérioration, de travailler sur l'amélioration de la situation politique, économique et sociale et sur la sécurité du Liban, et protéger le système et la paix civile.


Où est l'erreur? Pourquoi êtes-vous surpris? Quel est mon rôle? Quel est l'héritage de Rafic Hariri sinon de maintenir l'ordre et la paix et d'améliorer la vie des gens?


Une initiative qui a mélangé les cartes? Oui. Une initiative qui a forcé tout le monde à se souvenir de la vacance présidentielle et à lui donner la priorité sur la scène politique? Nous sommes fiers de ce résultat. Une initiative qui a conduit nos alliés, les Forces libanaises, à une réconciliation historique, 28 ans après, avec le Courant patriotique libre? Nous avons été les premiers à appeler à cette réconciliation et ceux qui l'ont le mieux accueillie. Nous aurions souhaité que cela arrive il y a longtemps, cela aurait beaucoup épargné aux Chrétiens et aux Libanais. Une initiative qui a conduit le Dr Geagea à retirer sa candidature et à nommer le général Aoun comme candidat des Forces libanaises à la présidence? C'est son droit et le droit du général Aoun, dans notre système démocratique et dans notre Constitution.


Maintenant, nous sommes arrivés à ce point, tant mieux. Où est le problème? Maintenant, nous avons trois candidats à la présidence: le ministre Frangié, le général Aoun et le député Henri Helou. Il peut y avoir d'autres candidats aussi. Nous avons une Constitution, et un système démocratique qui dit: Allez au Parlement et élisez un candidat, à moins que votre vrai candidat soit ... le vide.


Tout comme à chaque fois en 21 mois et 35 séances, nous serons les premiers à aller à la séance pour élire un président. Et celui qui sera élu, nous serons les premiers à le féliciter. Je serai le premier à féliciter le président et le premier à féliciter le Liban pour les élections. C'est aussi simple que ça.


Mais nous tenir responsables de la vacance après 21 mois de blocage des séances électorales et dire que soit le Courant du Futur appuie le général Aoun comme candidat soit le vide se poursuivra et rien ne presse ... Ceci n'est accepté par personne. Vous boycottez chaque session, bloquez le quorum, voulez connaître le résultat avant le vote et vous voulez nous tenir responsables?


Soit dit en passant, nous n'acceptons pas que quiconque nous dise que c'est notre droit constitutionnel de boycotter les sessions parlementaires pour justifier son boycott inconstitutionnel, parce que le droit constitutionnel n'est ni le mien, ni le leur, ni le droit de quiconque. Le droit constitutionnel appartient à la Constitution, au pays et aux citoyens. Il s'agit de la présidence de la république ! Ce n'est ni mon droit constitutionnel ni le vôtre, de boycotter la séance d'élection de président, et d'imposer la vacance à la présidence et au peuple.


Mon devoir constitutionnel, et le vôtre, est d'aller au Parlement pour élire un président et de mettre fin au vide. Ils ne peuvent pas nous donner des leçons de loyauté aux alliés, alors qu'ils couvrent les choses. C'est bien d'être fidèle à ses alliés, mais quel est l'intérêt de la loyauté si elle se fait au détriment de l'intérêt du Liban, et si elle vise à maintenir le pays sans président?
La vraie loyauté est la loyauté envers le Liban, parce qu'être loyal au Liban c'est l'essence d'être loyal aux alliés et à tous les Libanais. Et ils veulent nous reprocher de ne pas jouer un rôle régional? Oui, nous ne jouons aucun rôle régional et nous sommes fiers de cela. Nous n'avons joué aucun rôle dans l'effusion du sang syrien, irakien et yéménite. Si c'est une accusation, elle est acceptée et nous en sommes fiers.


Nous disons haut et fort que notre seul rôle est la modération, le dialogue et la recherche de solutions, au Liban et dans le monde arabe. C'est ce que Rafic Hariri nous a enseigné. D'autres veulent jouer un rôle militaire et noyer le peuple arabe dans le sang. Ils veulent envoyer de jeunes Libanais mourir au-delà des frontières ; cela est leur problème et non notre honte; c'est leur crime pas notre culpabilité. Allez-vous nous dire que cela aussi est un droit constitutionnel ?


Je le répète : nous nous sommes engagés et lorsque nous nous engageons nous allons jusqu'au bout. Nous sommes sincères. Nous voulons un président et nous voulons mettre un terme à la vacance et nous avons payé le prix aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur. Nous avons assisté à chaque séance parlementaire, et nous continuerons à le faire jusqu'à ce qu'un président soit élu et la vacance comblée. Tout le monde verra que Rafic Hariri avait raison, aujourd'hui plus que jamais: nul n'est plus grand que son pays.


Aujourd'hui, nous nous souvenons de notre grand martyr Rafic Hariri qui a sacrifié sa vie pour le Liban, l'Etat et pour vous. Nous nous rappelons de tous nos martyrs: Bassel, Samir, Georges, Gebran, Pierre, Walid, Antoine, Wissam, Wissam et Mohammed. Sont-ils morts pour l'intérêt de l'Etat ou pour des intérêts privés


Aujourd'hui, nous réaffirmons notre engagement envers nos martyrs, leur droit, leur sang, leur héritage, le Tribunal spécial pour le Liban, l'Etat, le projet national et le projet national de Rafic Hariri. Nous resterons engagés parce que nous sommes un projet national et parce que le Courant du Futur refuse de se transformer en un projet sectaire. Notre projet est d'ouvrir les portes entre les Libanais, leurs horizons et leurs espoirs. Nous n'élevons pas des barricades, des murs et des clôtures entre les ruelles, les âmes et les sectes. Nous sommes un projet interreligieux national, surtout quand les autres sont un projet sectaire qui traverse les nations.


Frères et soeurs, jeunes du Courant du Futur et du 14 Mars,


Le jumelage entre le 14 Février et le 14 Mars a été un acte de foi dans la capacité des Libanais à produire une situation nationale qui dépasse dans sa conduite et ses objectifs les intérêts sectaires. Il reflète la fusion des forces vives des différentes confessions dans un projet national global qui renouvelle la confiance dans le rôle de l'Etat et sa capacité à gérer les affaires publiques.


Le 14 février est un jour pour Rafic Hariri et tous ceux qui sont tombés avec lui et ont dessiné avec leur sang l'épopée du 14 Mars, qui restera un symbole de la révolte contre l'ère de la tutelle syrienne et le rejet de tous les types de tutelle alternative.


Il est difficile pour moi et pour mes frères et soeurs du Courant du Futur que ce jour survienne dans une atmosphère instable au sein des forces du 14 Mars, et que cette divergence de points de vue passe avant les constantes sur lesquelles nous sommes d'accord. C'est l'occasion d'appeler les forces du 14 Mars, à commencer par le Courant du Futur, à procéder à une remise en question interne, sur laquelle le secrétariat général pourrait travailler, et qui porterait sur tous les aspects de la relation entre les forces de l'Intifada de l'Indépendance, afin de protéger cette expérience exceptionnelle dans l'histoire du Liban.


Le destin du Liban est entre nos mains et le Liban sera gouverné à partir du Liban et non de Damas, de Téhéran ou de tout autre lieu. Nous sommes ensemble depuis onze ans à défendre l'Etat et sa souveraineté. Notre arme est la Constitution, la loi, la position politique, l'esprit de l'unité nationale incarnée par le 14 Mars et les sacrifices des martyrs qui sont parmi les meilleurs hommes du Liban.


Aujourd'hui, le Liban nous appelle une fois de plus, au nom de Rafic Hariri et de tous les autres martyrs. On ne peut pas faire face au danger qui nous entoure les bras croisés. Si Rafic Hariri nous a enseigné quelque chose, c'est bien de préserver le rôle et l'intégrité du Liban. Nous ne renoncerons pas à cette confiance et nous lancerons des initiatives pour sauver notre pays.


Nous suivons les pas de l'homme qui s'est sacrifié pour le Liban et s'est consacré à servir son pays et défendre les droits de son peuple. Nous avons choisi de poursuivre le chemin que Rafic Hariri voulait, celui de l'éducation, la construction, de la liberté, la réconciliation et la dignité humaine et sociale.


Nous allons présenter des sacrifices pour le bien de l'intérêt national, mais tout le monde devrait savoir que le sacrifice a des lignes rouges que nous savons tracer, et savons quand et comment les tracer et les défendre face à ceux qui portent atteinte à la dignité et l'intégrité de l'Etat.


Tel est Rafic Hariri, et tel est le Haririsme national, qui a l'honneur d'être présent dans toutes les régions, les confessions et les classes, et qui a l'honneur de construire et de restaurer le rôle du Liban dans le monde. Je vous promets que nous resterons ensemble, quels que soient les défis, pour répondre à ce que le devoir national exige, et le droit des Libanais à l'unité, la stabilité et une vie décente.


Un dernier mot, je veux que chacun et que chacune d'entre vous écoute et réfléchisse bien à ce que je vais dire. Vous savez tous que, pour chaque décision cruciale, je me pose une question : Qu'est-ce que Rafic Hariri aurait fait à ma place aujourd'hui ?


Aujourd'hui et plus précisément le 14 Février, j'ai une seule vraie réponse : Si seulement Rafic Hariri était debout en face de vous à ma place.


Vive le Liban ".
 
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